Aujourd'hui il allait quitter son chez lui pour s'aventurer vers l'inconnu. Il marcha un moment avant d'arriver devant la limite. La limite de son savoir, la limite de l'inconnu. Elle n'était pas très grande, le bois paraissait comme neuf. Il se demanda pourquoi il ne l'avait jamais approché d'aussi près. Durant toutes ces années... Enfin, aujourd'hui le grand jour ! Il enjamba la palissade la peur au ventre. Il la franchit sans grande difficulté. Il se retourna pour regarder une dernière fois son pré. Mais sa décision était prise ! Il se retourna et commença à avancer dans l'herbe haute. Il ne fit que quelque pas avant qu'un épais brouillard se forma. Il s'arrêta, surpris par ce phénomène. La brume monta en une colonne, elle forma ce qui ressemblait à un être humain. En se dissipant, la brouillard révéla une magnifique jeune femme au cheveux blancs. Elle était d'une beauté inconcevable. De fines lèvres, un regard chaleureux de ses yeux verts. Elle portait une longue robe, elle aussi blanche. Une cape légère flottait au vent.
« -Mais où vas tu vieil homme ? » lui dit elle de sa voix cristalline.
L'homme ne fut pas surpris par cette apparition. Il s'appuya sur son bâton.
« -Je pars » dit simplement le vieillard
« -Mais j'ai créé ce monde rien que pour toi, tu ne manque de rien, tu as chaud, tu as un abris. Pourquoi veux tu partir ?
-Je veux voir de quoi le monde est fait. Je ne veux pas me reposer, pas maintenant.
-Et pourquoi aujourd'hui ? » dit elle d'une voix contrariée.
-Parce que je sens que c'est le moment. »
Il la contourna et recommença à marcher.
« -Attention, je t'avertis » annonça-t-elle d'une voix forte et puissante. « J'ai créé ce monde pour toi, il peut être bon, mais il peut être aussi mortel. Retourne là où est ta destiné. Ta vie se trouve dans cette clairière, pas à l'extérieur. »
Elle n'était plus belle à ce moment, la colère la consumait. L'homme pensa ironiquement à l'ange de la Mort. Mais il haussa ses épaules et marcha. La femme disparu à nouveau dans une nuage de brouillard. Et soudain, le vent se leva, un vent froid, glacial. L'herbe mourus presque instantanément. Le ciel se couvera d'épais nuages noirs. Et une tempête de neige commença. Le vent changeait de sens sans arrêt. Malgré cela, malgré la neige lui fouettant le visage, il continua. Il voulait vaincre cette prison dorée, mais prison quand même. La température baissa, la pleine se rempli d'un manteau de neige. Le vieillard commença à grelotter. Il avait froid. Ses articulations lui faisaient de plus en plus mal. Sa marche ralentit. Mais, il voulait continuer. Peut être était ce simplement une épreuve, pour savoir s'il voulait vraiment partir. Le froid continuait, lui brûlant le visage, ses pieds, ses mains. Il avait de plus en plus de mal à marcher.
Et, à un moment, fatidiquement, il tomba dans la neige. Il voulut se relever mais impossible. C'était trop dur, pour une vielle personne comme lui. Intérieurement il pleurait, pleurait de ne pas avoir fait ça plus tôt Etant jeune il aurait très bien pu affronter cette tempête, mais pas maintenant. Il sentit le froid s'insinuer partout en lui. Il avait mal, si mal. Et un moment, le vent s'arrêta. C'était presque surnaturel. Il réussit à se mettre de côté. Il sentit ses forces le quitter.
La neige cessa de tomber comme sachant ce qu'il allait se passer. Un dernier flocon de neige tomba très lentement devant ses yeux et se posa sur ses mains. Il ne fondit pas. Il put à ce moment contempler le petit flocon de neige. On disait que chaque flocon de neige était unique, d'une beauté sans pareil. Mais s'était aussi froid et mortel. Cette dernière pensée, étrangement, l'apaisa : il allait mourir. Mais il allait mourir en étant un homme libre.
Innocent, beau, unique, froid, mortel... et apaisant. Touts ces mots pour un simple et tout petit flocon de neige.Voila ce qui nait d'une réflexion anodine sur un sujet anodin.
Je hais la neige pour ces raisons mais je l'aime pour ces même raisons.
Quelque chose de simple et de délicat.
Partagez ce moment bien à moi que j'ai moi même partagé avec un ami.
Merci à toi d'avoir su dire par des mots dans ce texte ce que moi je n'exprime que par un état.